Les danses macabres de Pologne |
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Tous droits réservés (textes) 1996-2008 © Patrick PollefeysTous droits réservés (photos) 1996-2008 © Didier Jugan |
Au couvent des Pères Bernardins, à Cracovie, se trouve le premier exemple polonais connu de ronde macabre avec médaillons. Cette oeuvre anonyme daterait du dernier quart du 17e siècle. L'artiste se serait probablement inspiré des pamphlets allemands montrant une ronde macabre, comme celui publié par l'imprimerie de Paulus Fürst vers 1630. Ce motif présentait un avantage concret: il exigeait bien moins d'espace que la farandole, forme classique de la danse macabre qui, dans les fresques, s'étalait souvent sur plusieurs mètres. La partie centrale montre une ronde macabre où dansent des squelettes et des femmes en alternance. Les neuf danseuses représentent les épouses des laïcs, de l'empereur jusqu'au fou, qui se trouvent dans les médaillons. Aux quatre coins de l'image centrale sont illustrées des scènes de la Bible: en haut, la crucifixion et les justes au Paradis; en bas, le péché originel et les damnés en Enfer. Au centre, dans le haut, une église; dans le bas, deux musiciens accompagnés de squelettes qui jouent du violon et du clavecin. Cette scène ne se trouve pas dans le pamphlet de Fürst. ![]() Dans chacun des 14 médaillons, un représentant d'une classe sociale est accompagné par la Mort aux traits de squelette. Un petit démon dansant ou jouant de la musique se tient souvent aux pieds du couple vivant-mort. Chaque vivant a perdu sa coiffe, qui gît au sol comme si la Mort l'avait envoyée valser. Un quatrain accompagne chaque médaillon. À noter que la danse macabre de Paulus Fürst comporte 12 médaillons, qu'elle ne montre pas de diablotins et que la Mort s'y adresse aux vivants en deux vers au lieu de quatre. Le tableau ci-dessous compare les classes sociales de l'oeuvre de Paulus Fürst avec celles de la danse macabre de Cracovie. Certains personnages peuvent être visualisés avec un meilleure résolution.
Cracovie peut se vanter de posséder une deuxième danse macabre, dans l'église des Capucins, peinte en 1767 par Antoni Gruszecki. Elle est composé de quatre tableaux qui décoraient jadis un autel. - Le premier tableau présente un
enfant qui s'amuse à souffler des bulles de savon. À ses côtés sont
éparpillés des objets appartenant à diverses classes sociales : une
mitre, une tiare, une lance, etc. À sa droite, un squelette prend une
pose triomphante, vêtu d'un linceul rouge et équipé d'une faux et
d'un sablier.
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