La danse macabre de Johann Elias Ridinger

La danse macabre de Johann Elias Ridinger

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Tous droits réservés (textes) 1996-2008 © Patrick Pollefeys


Johann Elias Ridinger dessina au milieu du 18e siècle cette danse macabre: elle montre en douze médaillons, encadrant un tableau central, les représentants masculins des différentes classes sociales - dans l'ordre des aiguilles d'une montre: le pape, l'empereur, le roi, le cardinal, l'évêque, le duc, le comte, le gentilhomme, le bourgeois, le paysan, le mendiant et le soldat, le fou et l'enfant - avec la Mort. Dans les quatre coins de l'image centrale sont illustrées des scènes de la Bible: en bas à gauche le péché originel, à droite des damnés en Enfer, en haut à gauche la crucifixion et à droite les justes au Paradis. Dans un vaste champ avec une petite église et un cimetière, on peut voir les représentantes des classes sociales, de l'impératrice jusqu'à la folle. Elles font une ronde, forme extrêmement rare de la danse macabre, généralement illustrée comme une farandole.

Avec l'arrivée de l'art d'imprimerie, qui contribua beaucoup à populariser les danses macabres, le motif de la danse devait nécessairement perdre de son importance. Le format du livre, qui ne permet pas l'illustration de longues chaînes de personnes, sépara la farandole en couple, chacun composé de la Mort et d'un humain. Ce changement formel conduisit naturellement à une révolution de l'idée originale, à l'individualisation de l'acte de mort, qui remplaça la farandole monotone, c'est à dire la mort collective. La suite de gravures de Holbein le Jeune fut décisive à ce stade d'évolution de la danse macabre.